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Les interventions de réassignation d’Homme vers Femme (ou MtF)

Questions fréquemment posées

En pratique, que dois-je faire pour me faire opérer par votre équipe ?

En pratique, l’évaluation par les psychiatres experts de notre équipe est la porte d’entrée obligatoire pour accéder aux hormones et à la chirurgie.
Cette évaluation est également obligatoire lorsque le parcours a déjà été entrepris ailleurs, afin de le valider auprès des médecins qui l’ont accompagné.

L’étape psychiatrique initiale est essentielle pour confirmer la dysphorie de genre, éliminer  ce qui pourrait y ressembler, et évaluer les éléments du pronostic.

Les décisions de traitement hormonal puis chirurgical sont prises de façon collégiale au cours de réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) qui associent psychiatres, psychologues, endocrinologues et chirurgiens.

Pouvant apparaître comme inutilement lourde aux yeux de certaines personnes, cette procédure obéit aux règles de bonnes pratiques internationales et n’a pas d’autre but que de protéger les personnes qui demandent l’aide de la Médecine et de la Chirurgie.

 

En quoi consiste exactement l’intervention de transformation génitale H-F ?

>> Cliquer ici

Combien de temps dure l’intervention chirurgicale ?

L’intervention de transformation génitale H-F pratiquée à Saint-Louis dure actuellement de 2h00 à 2h30 selon l’importance du saignement. Il faut y ajouter environ une heure si une greffe de peau est pratiquée, et environ une heure si des prothèses mammaires sont implantées.

Combien de temps dure l’hospitalisation ?

En l’absence de complication importante, l’hospitalisation dure 9 jours.


Est-ce que c’est une intervention qui fait mal ?

Dans la majorité des cas la transformation génitale n’est pas une intervention très douloureuse, et les antalgiques prescrits systématiquement dès le réveil suffisent à contrôler la douleur dans les limites supportables si elle existe.

En revanche, si des prothèses mammaires ont été implantées simultanément, la région pectorale peut être beaucoup plus douloureuse. Les médicaments antalgiques et myorelaxants sont encore largement utilisés dans ce cas.

Comment faire les dilatations postopératoires ?

Les dilatations postopératoires de la cavité vaginale sont loin d’être systématiques, et ne sont indiquées que lorsque les dimensions de cette cavité sont insuffisantes pour permettre des rapports sexuels, ce qui est en particulier le cas lorsqu’une greffe de peau a été pratiquée.

Dans ces cas, les dilatations doivent être quotidiennes et prolongées pendant plusieurs mois, et doivent être discontinues et non permanente. Le risque de fistule recto-vaginale secondaire est en effet considérable.

Lorsque des dilatations sont nécessaires, nous préconisons l’usage quotidien de dilatateurs pendant moins de deux minutes, mais plusieurs fois par jour (toutes les 2 heures si possible), en augmentant très progressivement le calibre des dilatateurs, de 2 mm toutes les 3 semaines.

La méthode est remarquablement efficace chez les patientes qui ont eu la détermination et le courage de l’appliquer correctement.

Une fois obtenues les dimensions souhaitées, il paraît totalement inutile de poursuivre les dilatations au-delà de 6 à 12 mois, contrairement à ce qu’on peut souvent lire sur Internet.

Combien de temps après l’opération peut-on avoir des rapports sexuels ?

Lorsque la cicatrisation est suffisamment solide pour le permettre. Un mois est un minimum, mais en pratique, il faut souvent attendre 3 ou 4 mois.

Eprouve-t-on des sensations lors des rapports sexuels ?

Une grande attention est apportée à la préservation des sensations érogènes lors de l’intervention.

Le néo-clitoris est vascularisé et si sensible qu’il peut souvent être ressenti désagréablement pendant les premières semaines. Lorsque c’est le cas, l’évolution est toujours spontanément favorable en 6 mois environ. Tôt ou tard, ce néo-clitoris remplit donc toujours son rôle érogène.

Quant au néo-vagin, si la peau qui le recouvre est peu sensible, comme d’ailleurs celle d’une muqueuse vaginale naturelle, les sensations profondes sont bien présentes.

Finalement, les possibilités sensitives de parvenir à un orgasme sont toujours préservées et remarquablement efficaces.


Y a-t-il une ou deux opérations ?

En principe, une seule opération suffit dans la grande majorité des cas.
Mais des retouches mineures sont parfois possibles (10 à 20 % des cas) dans un but esthétique (clitoris, grandes lèvres, petites lèvres, commissures) ou fonctionnel (méat urinaire, bulbe spongieux)

La greffe de peau est-elle systématique ?

La greffe de peau est loin d’être systématique. Elle n’est indispensable que lorsque la peau de la verge est en quantité insuffisante, ce qui est en particulier souvent le cas lorsqu’une circoncision a été pratiquée.
Lorsqu’une greffe de peau est pratiquée, il existe un risque qu’elle ne prenne pas.

Que fait-on si la greffe de peau ne prend pas ?

La priorité est de maintenir la cavité néo-vaginale ouverte grâce aux conformateurs souples. Sinon, la cavité se referme et cicatrise en quelques jours, ce qui fait disparaître le vagin.

Lorsque cette cavité est conservée, il est possible soit de pratiquer une nouvelle greffe, dont la prise comporte toujours une incertitude, soit de maintenir simplement la cavité ouverte pendant plusieurs mois en attendant son épithélialisation spontanée. Cela veut dire que la peau "repousse". On connaît cela depuis le 19ème siècle, mais il faut aussi savoir que cette épithélialisation spontanée complète prend environ une année.

Quant à la vaginopoïèse par anse sigmoïdienne, qui utilise un fragment d’intestin, il s’agit d’une intervention lourde, que ses inconvénients nombreux font réserver aux échecs de toutes les méthodes précédentes.

A quoi ressemblent les cicatrices ?

Les cicatrices visibles siègent sur les grandes lèvres et sur les petites lèvres.

Nous pensons qu’il est parfaitement inutile d’en rajouter sur le pubis pour rapprocher les grandes lèvres l’une de l’autre, car les cicatrices qui en résultent sont toujours très visibles et inesthétiques.

Lorsqu’une greffe de peau est nécessaire, l’idéal est de la prélever sur le scrotum pour éviter des cicatrices supplémentaires dans les régions inguinales.

 

Combien ça coûte ?

A l’exception des interventions de chirurgie esthétique, toutes les interventions (réassignation génitale, implants mammaires, pomme d’Adam, corrections et retouches) sont prises en charge par l’Assurance Maladie après entente préalable accordée par la Caisse Nationale au vu du certificat de la réunion de concertation pluridisciplinaire.

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