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Les interventions de réassignation d’Homme vers Femme (ou MtF)

Questions fréquemment posées

En pratique, que dois-je faire pour me faire opérer par votre équipe ?

En pratique, l’évaluation par les psychiatres experts de notre équipe est la porte d’entrée obligatoire pour accéder aux hormones et à la chirurgie.

C’est à vous de les contacter directement, car ce site ne permet pas la prise des rendez-vous de consultation.
Cette évaluation est également obligatoire lorsque le parcours a déjà été entrepris ailleurs, afin de le valider auprès des médecins qui l’ont accompagné.

L’étape psychiatrique initiale est essentielle pour confirmer la dysphorie de genre, éliminer  ce qui pourrait y ressembler, et évaluer les éléments du pronostic.

Les décisions de traitement hormonal puis chirurgical sont prises de façon collégiale au cours de réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) qui associent psychiatres, psychologues, endocrinologues et chirurgiens.

Pouvant apparaître comme inutilement lourde aux yeux de certaines personnes, cette procédure obéit aux règles de bonnes pratiques internationales et n’a pas d’autre but que de protéger les personnes qui demandent l’aide de la Médecine et de la Chirurgie.

 

Pourquoi faut-il attendre 2 ans avant de pouvoir être opérée ?

Parce que le règlement de l’Assurance Maladie (CCAM) impose ce délai minimum d’observation avant d’accorder une prise en charge pour l’intervention chirurgicale (code JZMA001).

 

En quoi consiste exactement l’intervention de transformation génitale H-F ?

>> Cliquer ici

Combien de temps dure l’intervention chirurgicale ?

L’intervention de transformation génitale H-F pratiquée par les chirurgiens de l’équipe TransParis dure actuellement de 2h00 à 2h30 selon l’importance du saignement. Il faut y ajouter environ une heure si une greffe de peau est pratiquée, et environ une heure si des prothèses mammaires sont implantées dans le même temps opératoire.

Combien de temps dure l’hospitalisation ?

En l’absence de complications importantes, l’hospitalisation dure 9 jours.


Est-ce que c’est une intervention qui fait mal ?

Dans la majorité des cas la transformation génitale n’est pas une intervention très douloureuse, et les antalgiques prescrits systématiquement dès le réveil suffisent habituellement à contrôler la douleur dans les limites supportables si elle existe.

En revanche, si des prothèses mammaires ont été implantées simultanément, la région pectorale peut être beaucoup plus douloureuse. Les médicaments antalgiques et myorelaxants sont encore largement utilisés dans ce cas.

 

Dois-je acheter des fournitures spéciales ?

Vous n’avez besoin que de culottes en coton robustes et bien serrées, destinées à retenir le conformateur souple dans votre vagin après l’intervention. Prévoyez en une douzaine. Il est souvent utile d’en superposer deux, voire trois.

Prévoyez aussi des protège-slips.

Quant à la toilette quotidienne de votre vagin, elle ne nécessite que l’eau de la douche et votre savon ou gel habituel.

 

Tout le reste est inutile. En particulier il est totalement inutile d’acheter :

  • du savon spécial "pour l’hygiène intime". Votre savon habituel est parfait.
  • de la Bétadine, des antiseptiques ou du sérum physiologique. Ce sont des rituels inutiles et coûteux. L’eau du robinet suffit dans tous les cas, y compris en cas de plaies.
  • une poire pour injection vaginale. C’est un gadget très dangereux puisqu’il risque de vous créer une fistule recto-vaginale.
  • une bouée ou un coussin.  Asseyez vous normalement dès le début, et les choses rentreront spontanément dans l’ordre en quelques semaines. Même s’il peut exister un certain inconfort pour s’asseoir au début, la zone opérée ne repose pas directement sur le siège, et tous les coussins et autres procédés sont inutiles et dangereux car ils prolongent la durée de l’inconfort de plusieurs semaines. La bouée est particulièrement nuisible, car elle favorise la nécrose par ischémie de la région opérée.
  • des dilatateurs rigides : malgré les idées répandues, ils sont le plus souvent inutiles. Dans les rares cas où ils sont nécessaires, c’est votre chirurgien qui vous en parlera (voir ci-dessous).

 

Comment faire les dilatations postopératoires ?

Les dilatations postopératoires de la cavité vaginale sont très loin d’être systématiques, et ne sont indiquées que lorsque les dimensions de cette cavité sont insuffisantes pour permettre des rapports sexuels, ce qui est en particulier le cas lorsqu’une greffe de peau a été pratiquée.

Dans ces cas, les dilatations doivent être pluri-quotidiennes et prolongées pendant plusieurs mois, et doivent être discontinues et non permanente. Le risque de fistule recto-vaginale secondaire est en effet considérable.

Lorsque des dilatations sont nécessaires, nous préconisons l’usage quotidien de dilatateurs pendant moins de deux minutes, mais plusieurs fois par jour (toutes les 2 heures si possible), en augmentant très progressivement le calibre des dilatateurs, de 2 mm toutes les 3 semaines environ.

La méthode est remarquablement efficace chez les patientes qui ont eu la détermination et le courage de l’appliquer correctement.

Une fois obtenues les dimensions souhaitées, il paraît totalement inutile de poursuivre les dilatations au-delà de 6 à 12 mois, contrairement à ce qu’on peut souvent lire sur Internet.

Combien de temps après l’opération peut-on avoir des rapports sexuels ?

Lorsque la cicatrisation du néo-vagin est suffisamment solide pour le permettre. Un mois est un minimum, mais en pratique, il faut souvent attendre 3 ou 4 mois.

Il est dangereux et frustrant d’essayer d’avoir des rapports sexuels si on n’en a pas soi-même vraiment envie et si le cerveau n’a pas encore complètement intégré les modifications corporelles très importantes entraînées par l’intervention chirurgicale. Cela peut prendre de 2 à 12 mois environ, selon les cas.

Les rapports anaux peuvent être repris quelques semaines après l’intervention.

Eprouve-t-on des sensations lors des rapports sexuels ?

Une grande attention est apportée à la préservation des sensations érogènes lors de l’intervention.

Le néo-clitoris est vascularisé et si sensible qu’il peut souvent être ressenti désagréablement pendant les premières semaines. Lorsque c’est le cas, l’évolution est toujours spontanément favorable en 6 mois environ. Tôt ou tard, ce néo-clitoris remplit donc toujours son rôle érogène.

Quant au néo-vagin, si la peau qui le recouvre est peu sensible, comme d’ailleurs celle d’une muqueuse vaginale naturelle, les sensations profondes sont bien présentes.

Finalement, les possibilités sensitives de parvenir à un orgasme sont toujours préservées et remarquablement efficaces.


Y a-t-il une ou deux opérations ?

En principe, une seule opération suffit dans la grande majorité des cas.
Mais des retouches mineures sont parfois possibles (5 à 10% des cas environ) dans un but esthétique (clitoris, grandes lèvres, petites lèvres, commissures) ou fonctionnel (méat urinaire, bulbe spongieux)

La greffe de peau est-elle systématique ?

La greffe de peau est loin d’être systématique. Elle n’est indispensable que lorsque la peau de la verge est en quantité insuffisante, ce qui est en particulier souvent le cas lorsqu’une circoncision a été pratiquée.
Lorsqu’une greffe de peau est pratiquée, il existe toutefois un risque non négligeable qu’elle ne prenne pas.

Que fait-on si la greffe de peau ne prend pas ?

La priorité est de maintenir la cavité néo-vaginale ouverte grâce aux conformateurs souples. Sinon, la cavité se referme et cicatrise en quelques jours, ce qui fait disparaître le vagin.

Lorsque cette cavité est conservée, il est possible soit de pratiquer une nouvelle greffe, dont la prise comporte toujours une incertitude, soit de maintenir simplement la cavité ouverte pendant plusieurs mois en attendant son épithélialisation spontanée. Cela veut dire que la peau "repousse". On connaît cela depuis le 19ème siècle, mais il faut aussi savoir que cette épithélialisation spontanée complète prend environ une année.

Quant à la vaginopoïèse par anse sigmoïdienne, qui utilise un fragment d’intestin, il s’agit d’une intervention efficace mais beaucoup plus lourde, que ses inconvénients nombreux font réserver aux échecs de toutes les méthodes précédentes. Elle est pratiquée habituellement par coelioscopie mais nécessite tout de même une petite incision horizontale au-dessus du pubis.

A quoi ressemblent les cicatrices ?

Les cicatrices visibles siègent sur les grandes lèvres et sur les petites lèvres.

Nous pensons qu’il est parfaitement inutile d’en rajouter sur le pubis pour rapprocher les grandes lèvres l’une de l’autre, car les cicatrices qui en résultent sont toujours très visibles et inesthétiques.

Lorsqu’une greffe de peau est nécessaire, l’idéal est de la prélever sur le scrotum pour éviter des cicatrices supplémentaires dans les régions inguinales.

 

Combien de temps serai-je suivie par l’équipe après l’intervention ?

Nous vous suivrons régulièrement jusqu’à ce que vous soyez satisfaite du résultat esthétique et fonctionnel de votre intervention, ce qui peut prendre un temps variable de 6 à 12 mois environ.

Si des implants mammaires ont été posés, n’oubliez pas que leur durée de vie n’est pas éternelle et que vos seins doivent donc être surveillés une fois par an avec un examen clinique et une échographie.

Contrairement à une légende tenace, il ne faut pas changer les implants mammaires systématiquement au bout de 10 ans. Il y aurait beaucoup plus de risques que de bénéfices à le faire si ces implants sont intacts. Il ne faut changer les implants que lorsqu’ils sont rompus, d’où la nécessité de la surveillance échographique. Quand au reste de la glande mammaire, il doit aussi être surveillé systématiquement, comme les seins de toutes les femmes.

Lorsque tout sera terminé, oubliez votre chirurgien, oubliez votre psychiatre, mais n’oubliez jamais votre endocrinologue. Sans traitement hormonal substitutif adapté, vous risqueriez en effet une ostéoporose majeure avec un risque de fracture au moindre traumatisme.

 

Combien ça coûte ?

A l’exception des interventions de chirurgie esthétique, toutes les interventions (réassignation génitale, implants mammaires, pomme d’Adam, corrections et retouches) sont prises en charge par l’Assurance Maladie après entente préalable accordée par la Caisse Nationale au vu du certificat de la réunion de concertation pluridisciplinaire.

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