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Hormonothérapie

Le traitement n’est prescrit qu’après discussion collégiale lors d’une RCP. Cette prescription est réalisée lors d’une consultation; les informations données concernent les effets bénéfiques de l’hormonothérapie, ses limites, les effets secondaires potentiels et les risques.

La prescription est adaptée à chaque personne en tenant compte de l’âge, de l’évaluation du risque cardiovasculaire (tabac, diabète, dyslipidémie, hypertension artérielle, antécédents cardiovasculaires familiaux), des antécédents médico-psychologiques, du recours éventuel à des interventions de médecine ou de chirurgie esthétique, et bien sûr tient compte de la réactualisation des données médicales et scientifiques.

La plupart des changements physiques constatés se feront progressivement au cours des deux premières années.

Il est important d’insister sur la sensibilité individuelle de l’action des hormones, et la personne concernée doit être avertie que les modifications constatées ne seront pas toujours conformes à ses attentes, qui doivent donc rester réalistes.

Au terme de l’entretien, il est indispensable que cette personne ait compris, en discutant avec l’endocrinologue et en posant toutes les questions nécessaires, les bénéfices, les risques psychologiques et physiques ainsi que les conséquences psychosociales de l’hormonothérapie . Cela permet aussi de discuter de la fiabilité et de la nuance à apporter aux informations recueillies sur internet, et de mettre en garde contre la tentation et les dangers de l’automédicalisation.

Il est également souhaitable d’éviter la prescription souvent compassionnelle d’un médecin qui n’est pas spécialisé dans la prise en charge des dysphories de genre, et ce d’autant que certaines modifications physiques peuvent être irréversibles.

La personne concernée est également informée qu’il s’agit d’une prescription hors AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) tant que le changement d’état civil n’aura pas été obtenu.

Ces informations sont délivrées dans le cadre d’un consentement éclairé.

L’hormonothérapie des personnes FtM (Femme > Homme)

Un traitement progestatif est souvent prescrit pour supprimer les règles, assez précocement dans la prise en charge après la réalisation du bilan initial.

La virilisation est obtenue grâce à l’administration d’androgènes ; plusieurs molécules sont disponibles, la plus couramment utilisée est l’Enanthate de Testostérone (commercialisée sous le nom d’Androtardyl ) sous forme injectable intramusculaire.

La voie orale est peu prescrite car les taux de testostérone délivrés sont irréguliers ; les autres molécules disponibles (patch, gel, testostérone injectable de longue action) peuvent être proposées mais elles ne sont pas remboursées par la Caisse Primaire d’Assurance Maladie et sont coûteuses.

Les doses utilisées sont augmentées progressivement pour obtenir une bonne imprégnation androgénique avec la meilleure tolérance possible.

La virilisation observée associe une augmentation de la pilosité du visage et du corps, une modification de la voix qui devient plus grave, une augmentation de la masse musculaire ( surtout si elle est favorisée par de l’exercice physique régulier) , une redistribution abdominale de la masse graisseuse ; il faut également signaler une augmentation de la libido ( désir sexuel) et une augmentation de la taille du clitoris.
Les effets secondaires cliniques les plus fréquents sont l’apparition ou l’aggravation d’une acné , une prise de poids, une augmentation du taux de globules rouges ( polyglobulie ) et plus tardivement une chute des cheveux.

L’hormonothérapie des personnes MtF (Homme > Femme)

Avant la chirurgie la production et/ou l’action de la testostérone doivent être diminuées avec des molécules anti androgéniques ; la plus couramment prescrite est l’acétate de cyprotérone administrée par voie orale ;  les agonistes de la GnRH, administrés par voie injectable, peuvent être également utilisés.

La féminisation est obtenue par les œstrogènes.

  • En raison du risque accru d’accidents thromboemboliques (phlébites, embolies pulmonaires) l’éthinyl-estradiol n’est pas utilisé.
  • Le 17 b œstradiol  oral est prescrit chez les sujets jeunes sans risque cardiovasculaire identifié.
  • L’œstradiol par voie  transdermique (gel, patch) est  prescrit chez les sujets plus âgés ou s’il existe des facteurs de risque cardiovasculaires ou des maladies nécessitant une adaptation de l’œstrogénothérapie  sans cependant  de contre indication.


Il est essentiel de respecter la posologie prescrite car le risque d’effets indésirables augmente avec le dosage.

Les effets combinés des antiandrogènes et des oestrogènes associent un développement mammaire qui reste souvent modéré, un diminution progressive de la pilosité ( qui nécessite fréquemment un  traitement complémentaire par laser) , une baisse de la libido ( désir sexuel ) , une diminution voire un arrêt des érections spontanées ; une redistribution plutôt gynoïde (fesses, hanches) de la graisse et une légère diminution de la masse musculaire avec parfois une prise de poids sont  constatées de même qu’une modification de la peau qui devient moins grasse, plus fine. Le traitement a également un effet sur la chute des cheveux qui est ralentie.

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